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 Cheikha Rimitti...

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Myriam
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Féminin Nombre de messages : 4180
Date d'inscription : 13/06/2007

MessageSujet: Cheikha Rimitti...   Ven 3 Aoû - 22:48



Son site... http://www.cheikha-rimitti.com/

Saida...
http://www.youtube.com/watch?v=Qiu2mgIMkNQ&mode=related&search=

La mamie du raï algerien

Eternelle rebelle, femme au verbe souvent indigné et aux attitudes provocantes, Cheikha Rimitti est une légende, un monument. Et, si son visage est marqué par les effets du temps conjugués à une vie d'alcool et d'amours (son pseudonyme signifie " remettez-moi ça"), son énergie demeure intacte. Personnage haut en couleurs et au caractère entier, elle est une sorte d'Elvis Presley du Raï. Mais un Elvis qui ne vieillirait pas et resterait à jamais politiquement incorrect.

Chanteuse des levers de soleil embrumés par les fumées de cabaret et les nuits sans fins, septuagénaire noctambule, Cheikha Rimitti est une vieille dame indigne resplendissante.

Figure mythique du Raï et personnalité hors du commun, son histoire se confond avec celle de l'Algérie. Femme faite de fulgurances et de bouibouis infâmes, de moments de gloire et de corps déchus, les anecdotes les plus incroyables circulent à son propos.Née à Tessala (village situé près de Sidi Bel-Abbès, dans l'Ouest algérien) le 8 mai 1923, la petite fille prénommée Saïda se retrouve très vite orpheline. De Rimitti, on ne connaît que le vrai prénom car la chanteuse a toujours soigneusement caché son nom officiel afin d'épargner sa famille ; c'est pour cette raison qu'aujourd'hui encore, elle refuse qu'on la filme : elle prétend craindre que sa famille la reconnaisse....A 20 ans, elle s'installe à Rélizane, un grand centre colonial où la vie est rude. La pauvreté, les épidémies et la famine sévissent. "On grillait le grain de blé pour remplacer le café, que l'on buvait avec du sirop. C'était l'époque où l'on s'habillait de matelas et où l'approvisionnement s'effectuait avec des bons" raconte-t-elle dans un entretien donné à Bouziane Daoudi, journaliste du quotidien français Libération. "Quand la sirène sonnait, on fuyait dans les vignes et on se cachait dans les trous", poursuit-elle. C'était en 1943 et l'Algérie (alors colonie française) était devenue le refuge de la France libre, l'un des quartiers généraux des militaires qui refusaient la capitulation.

La jeune Saïda, qui dort dans les rues, dans le hammam et mange quand elle le peut, se met à suivre une troupe de musiciens ambulants. D'ailleurs en nulle part, elle rencontre le célèbre musicien Cheick Mohamed Ould Ennems, avec qui elle se met en ménage alors qu'il est père de dix enfants. Il lui fait connaître le milieu artistique algérois et la fait enregistrer à Radio Alger. C'est à cette époque qu'elle gagne son surnom. L'histoire raconte qu'un jour de pluie où elle entrait dans une cantine pour boire un café, les clients l'ont reconnue et acclamée avec ferveur. Pour les remercier, elle veut leur offrir une tournée mais ne parlant que quelques mots de français, elle ordonne à la serveuse "Remettez, madame, remettez". Le public la baptise aussitôt "la chanteuse Remitti".

En 1952, elle enregistre son premier disque chez Pathé et sort "Charrak Gatta", son premier succès, en 1954. Une chanson auréolée de soufre puisque certains y voient une attaque contre le tabou de la virginité. Féministe sans le vouloir, Cheikha Rimitti chante les femmes, l'amour et les corps emmêlés, l'alcool, l'oubli, la nuit. Auteur inspirée, elle chante aussi... le téléphone et le TGV (Train à Grande Vitesse). A la fin des années 70, elle pique un coup de sang lorsqu'elle apprend que des chanteuses reprennent son répertoire en France. L'une d'elles se fait même appeler Cheikha Rimitti "sghira" (la petite) ! En 1978, elle débarque à Paris et écume les hauts lieux de la chanson maghrébine populaire (dont le célèbre " Bedjaïa Club", un café situé près de la station Stalingrad, en plein cœur du 18ème arrondissement).

Interdite de spectacle en Algérie au plus fort des évènements, elle trouve en France un nouveau public. Les nouvelles générations la découvrent. Elle enregistre même un disque de pop-raï sous la houlette de Robert Fripp, l'élégant rocker expérimental. Et en février 1994, elle donne un concert mémorable au très prestigieux Institut du Monde Arabe, à Paris. Belle reconnaissance pour celle qui aime à dire C'est le malheur qui m'a instruit. Les chansons me trottent dans la tête et moi je les retiens de mémoire. Pas besoin de papier et de stylo". Et si cette reconnaissance lui met du baume au cœur, elle qui a été tant pillée par les chebs de tous poils, finalement la seule chose qui lui importe c'est cette lueur malicieuse et provocante, cette étincelle d'éternelle jeunesse qui pétille dans ses yeux.

Magali Bergès
source Mondomix.com
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MessageSujet: Re: Cheikha Rimitti...   Sam 4 Aoû - 0:12

les chebs du raî lui ont souvent pris des textes de chansons pour moi c est vraiment un monument de la chanson
à son concert juste 2 avant son deces je suis restée sous le charme vraiment...............
un mythe de la chanson
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Myriam
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Féminin Nombre de messages : 4180
Date d'inscription : 13/06/2007

MessageSujet: Re: Cheikha Rimitti...   Sam 4 Aoû - 0:25

Cheikha Rimitti était féministe avant l'heure... une vie de saltimbanque, elle a marqué des générations... n'hesitant pas à bousculer les codes : chanter et danser dans des lieux masculins (cabarets, bars...) chose choquante à l'époque. La plupart des chanteur(e)s de raï se sont inspirés de son répertoire... voir pillés

Une grande Dame...

Ha raï ha raï... j'adoreeeeeeeeee
http://www.cheikha-rimitti.com/musique/mp3player.html
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MessageSujet: Re: Cheikha Rimitti...   Sam 4 Aoû - 0:57

Mercii Nébuleuse en effet un monument de la musique rai...un vrai bout de femme.
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MessageSujet: Re: Cheikha Rimitti...   Sam 4 Aoû - 1:08

Elle chanta le statut de la femme, l'amour ou le plaisir charnel, s'attirant une réputation sulfureuse dès son premier succès en 1954, "Charrak gatta", dans lequel certains esprits chagrins avaient vu une attaque contre le tabou de la virginité. Après l'indépendance, les messages engagés et militants en faveur de l’émancipation féminine et de l’égalité des droits de ses chansons lui valent d'être censurée par le régime du FLN. Cette femme de la nuit arrive à Paris en 1979, où elle anime les soirées dans des cafés communautaires. Elle continue à y tenir un discours progressiste. Elle fut alors pour beaucoup d’admiratrices un modèle à suivre. Au fil des années, et même si elle s'estimait mise à l'écart, elle devint l'ambassadrice internationale du raï et toucha même un nouveau public à la fin des années 1990.

Cheikha ("la maîtresse", "la doyenne") Rimitti avait sorti un dernier album, "N'ta Goudami" (littéralement, "toi, face à moi") il y a quelques mois chez Because Music. Elle était en tournée au moment de sa mort. Elle devait participer à plusieurs festivals d'été. Mixité TV a eu la chance de l’interviewer récemment. Le message de Cheikha Rimitti a inspiré nombre d’associations de défenses des droits de la femme. Il perdure aujourd’hui via ses œuvres, intemporelles. Son combat pour la liberté restera donc éternel, il ne sera jamais oublié.

Gédéon Richard
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