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 Marguerite Duras, L'Amante anglaise

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hamou

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Masculin Nombre de messages : 1427
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MessageSujet: Marguerite Duras, L''Amante anglaise   Ven 15 Mai - 17:20

L'Amante anglaise", ou la recherche des "pourquoi" d'un crime
LE MONDE | 13.05.09

Marguerite Duras (1914-1996) a toujours lu les faits divers. elle était fascinée par le fait que rien ne peut combler le "pourquoi" des meurtres, quelles que soient les raisons avancées. En 1985, elle a perdu les pédales en signant "sublime, forcément sublime", un article à la gloire de Christine Villemin, soupçonnée d'avoir tué son fils, le petit Grégory. Ce n'est pas ce que l'on retiendra d'elle aujourd'hui, où le meilleur de ce qu'elle a écrit sur un sujet judiciaire est présenté au théâtre de la Madeleine : L'Amante anglaise, dans une mise en scène remarquable de marie-louise bischofberger.

Au commencement, il y a l'histoire d'amélie rabilloux. En 1949, cette femme a tué son mari, puis elle l'a découpé en morceaux, qu'elle a déposés dans divers endroits de Savigny-sur-Orge (Essonnne), où elle habitait. Amélie Rabilloux a avoué dès qu'elle a été arrêtée. au cours de son procès, dont Jean-Marc Théolleyre a rendu compte dans le monde du 1er mars 1952, elle n'est pas arrivée à dire pourquoi elle avait dépecé le cadavre.

Cet article a mis Marguerite duras sur la piste de L'Amante anglaise. elle a d'abord écrit un roman du même nom, (paru en 1967), puis une pièce, le théâtre de L'Amante anglaise, jouée à partir de 1976 par Madeleine Renaud, Pierre Dux et Michael Lonsdale, dans une mise en scène de Claude Régy. Au fil des reprises successives, le titre de la pièce est devenu L'Amante anglaise. du fait divers, Marguerite Duras retient le meurtre inexpliqué par son auteure, qu'elle appelle Claire Lannes. Cette femme n'a pas tué son mari, mais sa cousine sourde et muette, Marie-Tthérèse Bousquet, qui vivait chez elle.

LA "BONNE QUESTION"

De cette cousine, seul le corps dépecé a été retrouvé, le long de rails de chemin de fer. Claire Lannes refuse de dire ce qu'elle a fait de la tête. Elle est interrogée par un homme qui n'est ni un magistrat, ni un psychanalyste, ni un avocat. Quelqu'un qui voudrait savoir. Marguerite duras sans doute. ou chacun d'entre nous.

Cet interrogateur s'adresse d'abord à Pierre Lannes, le mari, puis à Claire Lannes. Pierre Lannes n'est pas surpris par le crime. Il parle de sa femme comme de quelqu'un d'étrange : "Rien ne restait en elle (...). elle était comme fermée à tout et comme ouverte à tout." Il ne l'a jamais quittée, tout en ayant des maîtresses, parce que, dit-il, c'était la seule femme qui ne lui demandait rien. Iil sait qu'il l'a aimée, mais il ne sait pas pourquoi elle l'a épousé.

Chez Claire Lannes, les "pourquoi" résonnent comme un puits profond, où seul le bruit d'une pierre, longtemps après qu'elle a été lancée, signale qu'il y a de l'eau. Tout le monde veut savoir ce qu'elle a fait de la tête. En ne le dévoilant pas, elle rend le crime insaisissable (donc presque parfait, d'une certaine manière) et concentre toute l'attention sur elle. Personne, dit-elle, ne lui a posé "la bonne question sur le crime". Elle aurait répondu. Elle-même la cherche, mais seulement "un peu" fait-elle remarquer, avec une roublardise terrible.

L'enjeu de L'Amante anglaise réside dans cette question introuvable, qui renvoie chacun à des zones de la conscience où la perception de la réalité vacille. Au théâtre de la Madeleine, tout concourt à rendre ce sentiment évident. André Wilms (l'interrogateur), Ariel Garcia-Valdez (Pierre Lannes) et Ludmila Mikaël (Claire Lannes) jouent devant un rideau de fer, comme le voulait Marguerite Duras. On a l'impression qu'ils écrivent la pièce en direct ; chaque mot, s'ajoutant à un autre, tire un fil fascinant et inquiétant, comme le font les images de rails (signées Caroline Champetier) projetées sur le rideau de fer.

Ludmila Mikaël n'était pas montée sur scène depuis huit ans. par choix. Elle voulait vivre sans être actrice. Elle revient avec un jeu extraordinaire. Elle n'aurait pu souhaiter meilleurs compagnons qu'Ariel Garcia-Valdez et André Wilms. Ils forment un trio qui nous emmène sur un chemin sans fin de la vie : pourquoi ?

Pour en savoir plus : Sur son blog Chroniques judiciaires, Pascale Robert-Diard revient sur les liens de Duras et de Jean-Marc Théolleyre, qui fut chroniqueur judiciaire au Monde durant quarante ans.

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/05/13/l-amante-anglaise-ou-la-recherche-des-pourquoi-d-un-crime
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Myriam
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MessageSujet: Re: Marguerite Duras, L'Amante anglaise   Ven 15 Mai - 21:07

Rappel des faits :

Citation :
« Le crime évoqué dans l'Amante anglaise s'est produit dans la région de l'Essonne, à Savigny sur Orge, dans le quartier dit de "La Montagne Pavée" près du viaduc du même nom, rue de la Paix, en Décembre 1949. Les gens s'appelaient les Rabilloux. Lui était militaire de carrière à la retraite. Elle, était sans emploi fixe. Le crime avait été commis par la femme Rabilloux sur la personne de son mari : un soir alors qu'il lisait le journal, elle lui avait fracassé le crâne avec le marteau dit "de maçon" pour équarrir les bûches. Le crime fait, pendant plusieurs nuits, Amélie Rabilloux avait dépecé le cadavre. Ensuite, la nuit elle en avait jeté les morceaux dans les trains de marchandises qui passaient par ce viaduc de la Montagne Pavée, à raison d'un morceau par train chaque nuit. Très vite, la police avait découvert que ces trains qui sillonnaient la France avaient tous ceci en commun : ils passaient tous justement sous ce viaduc de Savigny sur Orge. Amélie Rabilloux a avoué dès qu'elle a été arrêtée.


Les faits divers fascinent de par leur caractère exceptionnel, nombre d'entre eux sont morbides, et révèlent la partie sombre d'un individu. Ils symbolisent la complexité de l'être humain qui en une fraction de seconde peut basculer dans l'horreur... Ces évènements tragiques (meurtres, acte de barbarie etc) font la une de la presse, des journaux (Detective) se sont spécialisés dans ce type de faits, la télé n'est pas en reste (Faites entrer l'accusé, MagMagazine...) rencontrent une forte audience. Un voyeurisme macabre... qui nous attire qu'on le veuille ou pas... Concernant l'Affaire Villemin je doute que l'on sache un jour la vérité...

Certains criminels ont été immortalisé à la TV, au cinéma (Jack l'éventreur, L'affaire Marie Besnard, Landru, les soeurs Papins) ou sur les planches... La mise en scène de ces personnages donne au public l'occasion de reflechir sur lui-même... personne n'est à l'abri de péter un câble... "l'amante anglaise" est particulièrement sordide... d'où son adaptation au théâtre...
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hamou

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MessageSujet: Re: Marguerite Duras, L'Amante anglaise   Sam 16 Mai - 10:33

je ne pense pas que c'est le côté sordide de ces meurtres qui a particulièrement attiré Margurite Duras mais plutôt leur côté inexplicable et inexpliqué. Derrière les énigmes policières se cachent la première des énigmes, celle des profondeurs de l'être humain....
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MessageSujet: Re: Marguerite Duras, L'Amante anglaise   

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