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 Maroc: eaux troubles en milieu étudiant

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hamou



Masculin Nombre de messages : 1427
Date d'inscription : 07/05/2008

MessageSujet: Maroc: eaux troubles en milieu étudiant   Sam 17 Jan - 18:16

Lycéennes ou étudiantes, de jeunes Marocaines se livrent, contre des cadeaux ou de l'argent, à un commerce du sexe qu'elles refusent toutefois d'appeler prostitution. Une enquête du magazine Tel quel.




Dessin de Sonia Pulido paru dans El País Semanal
cartoons@courrierinternational.com


Fatine, 19 ans, et Ilham, 22 ans, étudiantes, font toutes deux le commerce de la chair. Durant le trajet vers un resto-bar de Témara [près de Rabat], qu'elles font à bord de la voiture de leur client potentiel, elles parlent musique, expériences, de la pluie et du beau temps. Une discussion banale. Au bar, Fatine et Ilham sirotent leur bière et picorent quelques olives. Elles ont la lèvre "englossée" et les paupières fardées de paillettes bleues.

Elles ont 20 ans et vivent leur bohème. Fatine affirme que l'argent qu'elles se font n'est pas sale, puisqu'elles ne le touchent pas. Il ne s'agit que d'un dîner arrosé, juste une sortie payée par un inconnu. Une sorte de "paraprostitution". "Dans bien des cas, les cadeaux en nature démonétarisent le rapport entre ces filles et leurs clients. Puisqu'il n'y a pas d'argent, il n'y a pas prostitution à leurs yeux", explique Aboubakr Harakat, psychologue.

Mounia a 24 ans. Issue de la classe moyenne, elle s'est mariée il y a quelques mois avec Ayoub, à peine plus âgé qu'elle. L'homme de sa vie. "Elle en a connu d'autres avant lui", siffle Dalal, son ancienne amie. Durant les années lycée, les deux jeunes filles ont écumé les cafés et les "victimes" potentielles. "J'ai suivi Mounia par ennui, non par misère. Elle n'était pas non plus dans le besoin. Elle avait juste la mentalité blédarde de la fille qui en veut toujours plus, raconte Dalal. Mounia était un peu notre éclaireuse. Elle s'arrêtait lorsqu'une voiture ralentissait, la laissait passer. Puis elle donnait son numéro au conducteur, s'il n'était pas trop jeune, et s'en allait." Dalal poursuit : "Les vieux rappellent toujours. Et offrent les meilleurs cafés. Nous, on commandait des panachés, des chocolats glacés viennois, etc. On savait qu'on ne paierait pas l'addition. Et puis, comme on fume, on faisait mine de se désoler qu'il n'y ait pas de bureau de tabac dans le coin. La victime allait sur le champ nous acheter un paquet de clopes et un briquet chacune. En nous ramenant, il nous donnait à chacune quelques billets, deux ou trois cents dirhams [une vingtaine d'euros]. Juste pour des sourires et des conversations." Pour joindre les hommes, elles mettaient un point d'honneur à ne jamais appeler, à ne faire que biper.

Les habitudes prises au lycée devenant une seconde nature, les filles, plus expérimentées, mettent le turbo en arrivant à la fac. A la tombée de la nuit, à Madinat Al Irfane, le quartier étudiant de Rabat, les voitures en quête de plaisir défilent aux abords de la longue avenue en travaux. Fayrouz, une étudiante d'Agadir qui vit à la cité, connaît bien les ruses des étudiantes. "Se faire de l'argent facile est très simple pour ces filles. Elles se pomponnent, puis se placent devant le parking ou esquissent quelques pas sur l'avenue. Elles montent dans un véhicule, ressortent d'un autre."

Ces étudiantes seraient, pour la plupart, issues d'un milieu défavorisé, arrivant à la fac sans le pécule nécessaire, avec pour tout bagage, leurs rêves et leurs principes. "Comment voulez-vous qu'une nana qui a, en tout et pour tout, deux tee-shirts et un jean ne soit pas tentée quand elle voit sa colocataire revenir chaque semaine avec une nouvelle tenue ?" s'exclame Mariam, étudiante en communication et marketing.

Selon la sociologue Soumaya Naâmane Guessous, "aux yeux de ces étudiantes, se faire offrir des fringues pour avoir un look qui les valorise, ou sortir aux frais d'un client est une forme d'accomplissement de soi". Mounia, Dalal et les autres ne se considèrent ni comme des prostituées ni comme des travailleuses du sexe occasionnelles. Elles se livreraient à ce marchandage en tout bien tout honneur, puisqu'elles restent vierges. Saïda S., une animatrice qui fait de la prévention contre le sida dans les lycées de Casablanca, a rencontré une vingtaine d'adolescentes habituées à ces balades en voiture avec un homme plus âgé. "Elles se cherchent des excuses, disent qu'elles n'enlèvent pas la culotte, qu'elles se contentent d'une sucette (fellation), et au pire, optent pour la sodomie. Pourtant, le résultat est le même. Un corps monnayé contre des liasses ou des pièces."
La prostitution des étudiants n'existe pas uniquement au Maroc, loin s'en faut. En France, les témoignages et alertes se multiplient face au même phénomène. L'appauvrissement des étudiants est en la principale cause. Alors que les dépenses incontournables – logement, transport, nourriture – ont augmenté, quelque 100 000 étudiants vivraient avec moins de 650 euros par mois. Même issus de la classe moyenne, nombre d'étudiants n'échappent plus à la précarité. En 2006, le syndicat SUD-Etudiant estimait à 40 000 le nombre d'étudiants qui se prostitueraient pour financer leur cursus, mais ce chiffre n'est pas étayé par des études précises.

Par Ayla Mrabet, Hassan Hamdani, Azzedine El Hadef du magazine
"Tel quel" (Maroc) repris du Courrier international (France).
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marzou



Féminin Nombre de messages : 157
Date d'inscription : 15/12/2008

MessageSujet: Re: Maroc: eaux troubles en milieu étudiant   Sam 17 Jan - 21:22

J'aimerais bien avoir l'avis de nos hommes du forum sur le qualificatif qu'ils donneraient à ces pratiques.
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batata



Masculin Nombre de messages : 689
Date d'inscription : 20/06/2007

MessageSujet: Re: Maroc: eaux troubles en milieu étudiant   Dim 18 Jan - 10:44

à mon avis, la pauvreté est le premier levier de la prostitution.
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hamou



Masculin Nombre de messages : 1427
Date d'inscription : 07/05/2008

MessageSujet: Re: Maroc: eaux troubles en milieu étudiant   Dim 18 Jan - 12:21

Le même phénomène de prostitution d'étudiantes existe en algérie aussi. Mais il est mal évalué. la presse algérienne en parle de temps à autre mais en termes généraux ou anecdotiques.
je suis d'accord avec batata pour dire que la pauvreté de certaines étudiantes (et parfois d'étudiants car il existe aussi une prostitution masculine) est la première cause du phénomène.
il faut ajouter aussi que la dégradation, réelle, (l'extension apparente de la pratique religieuse peut faire croire le contraire) des valeurs sociales peuvent aussi amplifier le phénomène: ainsi selon un sondage dont a fait part il y a quelques mois le quotidien el watan, environ 40% des étudiantes font l'objet d'un harcélement sexuel de la part d'enseignants. Cela peut induire ou favoriser une forme de prostitution: une bonne note d'examen en échange de rapports sexuels.
Dans tous les cas de figure, ces étudiantes sont plutôt des victimes des pressions de mâles exploitant de façon illégale et illégitime des positions dominantes dans divers domaines de la vie sociale...
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Zelmire



Féminin Nombre de messages : 324
Date d'inscription : 30/07/2007

MessageSujet: Re: Maroc: eaux troubles en milieu étudiant   Dim 18 Jan - 16:45

J'ai comme l'impression que c'est une forme de prostitution choisie tout de même Wink
Ok pour le contexte de précarité , mais j'oserais croire que la société est en train de changer et que "l'émancipation " des moeurs est en train de se manifester
Tout le monde semble bien au courant mais personne dénonce vraiment
Les autorités ? non
Les parents ? pas tous ...( bq de témoignages consultables )
Les services de police ? encore moins ...
Beaucoup de magouilles , je pense , et une envie d'accéder à une certaine forme de liberté-luxe . Un deal signé entre plusieurs parties et tout le monde est satisfait .
La prostitution , le sexe, le luxe ont toujours été présents partout et de tous temps, aujourd'hui elle se défend d'exister et d'être reconnue au Maroc : Pourquoi pas , ajoutons encore quelques ajustements, et demain ce sera un autre phénomène qui entrera sur la scène publique.
J'ai encore du mal a croire que des étudiant(e)s soient presque obligés d 'offrir leurs services pour financer leur cursus comme on nous le présente dans l'enquête...
Maintenant , les filles comme les garçons décident aussi, et les qu'en dira-t-on sont davantage balayés . Une souplesse sociétale naissante peut-être , un signe que les moeurs évoluent , une revendication , un message...
Enfin cela semble s'esquisser comme tel
Derrière tout çà, du positif pour ma part sans aucun doute
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Myriam
Admin


Féminin Nombre de messages : 4180
Date d'inscription : 13/06/2007

MessageSujet: Re: Maroc: eaux troubles en milieu étudiant   Dim 18 Jan - 17:24

Au Maghreb, j'en reviens à notre discussion Maman, le paraître l'emporte sur l'être. Certaines jeunes filles n'hesitent pas à monnayer leur corps pour des vêtements de marque, un dîner au resto, un paquet de cigarettes etc. Là, il ne s'agit pas d'indigence mais le désir d'obtenir des biens par la facilité : une fellation contre une glace ou un telephone portable... Shocked . Les parents devraient êtres plus vigilants sur le train de vie de leur fille, en exigeant une explication sur la provenance des tenues qu'elles affichent si fièrement.

Pour certaines, l''excuse de l'indigence est une façon de justifier l'injustifiable , je rappelle que les filles issues de milieux pauvres sont sous représentées au lycée et à l'université.
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azedine



Masculin Nombre de messages : 1841
Date d'inscription : 09/07/2007

MessageSujet: Re: Maroc: eaux troubles en milieu étudiant   Lun 19 Jan - 18:17

salut,

çà se passe partout dans le monde çà. on appelle çà l'escorting.

des tas de françaises le font de souches ou pas.
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azedine



Masculin Nombre de messages : 1841
Date d'inscription : 09/07/2007

MessageSujet: Re: Maroc: eaux troubles en milieu étudiant   Lun 19 Jan - 18:36

La prostitution étudiante à l’affiche

SOCIETE - Deux ouvrages paraissent jeudi...
Un témoignage et une étude sociologique. La question de la prostitution dans le milieu étudiant est au centre de deux ouvrages qui paraissent jeudi.

40.000 étudiantes seraient concernées

Aucun chiffre officiel n'existe sur le sujet. L'Organisation de la vie étudiante (OVE) avait indiqué à «20 Minutes» n’avoir «aucune donnée», mais on estime à 40.000 le nombre d'étudiantes – et quelques étudiants – concernées. Soit un étudiant sur cinquante-sept. Un chiffre relayé par le syndicat SUD-Etudiants.

«Mes chères études, Etudiante, 19 ans, job alimentaire: prostituée» : c'est avec ces titre et sous-titre que Laura D., étudiante en licence de langues vivantes, raconte, dans un livre publié jeudi, comment elle a été «obligée se de prostituer pour payer ses études». «Malgré mes petits boulots dans le télémarketing, la restauration, les dettes et les agios s'accumulaient. Je me demandais comment garder mon appartement», a témoigné cette jeune fille, dont les parents «gagnent le smic et s'en sortent convenablement».

«On se dit une seule fois et pas plus»

«Je suis allée voir sur Internet pour trouver des jobs étudiants, il y avait des annonces qui proposaient de l'“escorting”, pour 100 ou 200 euros de l'heure. On se dit “une seule fois et pas plus”, et finalement à la fin du mois, c'est la même chose», a-t-elle confié.

Dans un autre livre, qui paraît aux mêmes éditions (Max Milo) et intitulé «La prostitution étudiante à l'heure des nouvelles technologies», Eva Clouet, étudiante en master de sociologie à Toulouse II, s'intéresse à quelques cas d'«escortes» racolant sur le Web. Selon l’auteur, cette pratique est certes liée à «une situation économique précaire» mais «peut également être le moyen de s’émanciper d’une sexualité cadrée ou encore de prendre une revanche sur le mythe du prince charmant».

«Il n'y a jamais eu d'enquête précise»

«Il n'y a jamais eu d'enquête précise, rigoureuse et sérieuse sur la question», estime Guillaume Houzel, le président de l'OVE, que la médiatisation du sujet, au détriment d'autres situations «tout aussi difficiles», «agace un peu». «La jeunesse obligée de faire des passes pour manger et payer ses droits d'inscription, c'est minoritaire», confirme-t-on à la Fage (organisation étudiante). Selon Jean-Sébastien Mallet, délégué général à la Fondation Scelles (qui milite pour le recul de l'exploitation sexuelle sous toutes ses formes), «99% des jeunes de 15 à 25 ans n'ont pas de relation sexuelle marchande».

C. F. avec agence

http://www.20minutes.fr/article/206703/France-La-prostitution-etudiante-a-l-affiche.php
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