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 CINÉMA • Gengis Khan, le gentleman des steppes

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azedine



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Date d'inscription : 09/07/2007

MessageSujet: CINÉMA • Gengis Khan, le gentleman des steppes   Jeu 10 Avr - 15:25

CINÉMA • Gengis Khan, le gentleman des steppes

Dans le film Mongol*, qui sort aujourd'hui en France, le cinéaste russe Sergueï Bodrov prend le contre-pied de la vision traditionnelle pour dépeindre celui qui "fit trembler le monde". Au guerrier sanguinaire fait place le fin administrateur et l'amoureux éperdu.


Ce que l'on sait au sujet de Gengis Khan vient pour l'essentiel du poème épique mongol La Légende sacrée des Mongols, écrit peu après sa mort [survenue en 1227]. Cette œuvre se démarquait des biographies de l'époque, son auteur étant plus intéressé par le parcours du jeune Temüdjin vers la gloire que par les batailles de Gengis Khan adulte, le conquérant qui soumit plus de terres qu'Alexandre le Grand et fit trembler la moitié du monde. Dans la version filmée qu'en donne Sergueï Bodrov, on voit davantage l'art de l'administration que la cruauté sanguinaire du personnage.

Le film s'ouvre sur le meurtre d'un khan [chef] mongol au cours d'un effroyable massacre entre clans. Le petit Temüdjin, 9 ans, se retrouve aussitôt à la merci des ennemis de son père [lui-même khan] qui rêvent depuis longtemps du pouvoir et devient l'esclave du nouveau khan. Ses futurs exploits seront dédiés à son épouse principale, Borté, à laquelle il a été marié encore enfant. Leurs séparations et leurs retrouvailles constituent le fil rouge du film. Viennent s'y greffer les relations de Gengis Khan avec son frère, à la fois ami et ennemi, et le début des grandes conquêtes, l'unification des terres mongoles et des tribus nomades sous un même étendard.

Sergueï Bodrov n'a pas repris la vision européenne habituelle faisant de Gengis Khan un destructeur qui ne laisse sur son passage que des déserts calcinés. Dans son film, on ne voit que les jeunes années du conquérant, mais il est déjà clair que nous sommes quasiment face à un responsable éclairé. On a tout de même du mal à croire qu'il ait été aussi tendre, doté de manières si aristocratiques et d'une noblesse de vrai gentleman. Les mœurs des steppes du XIIe siècle ne devaient certainement pas prédisposer à ce genre d'attitude.

Avec un budget de 20 millions de dollars, Mongol est le film le plus cher de l'histoire du cinéma russe. Il semble vouloir inciter le spectateur à ne pas se montrer crédule, à ne pas prendre pour argent comptant tout ce que dit l'histoire officielle. Ici, le héros est sanguinaire mais juste, cruel mais sage. Afin d'appuyer cette thèse, les auteurs ont choisi de jouer avec des effets spéciaux très surprenants. Là où on s'attend à une boucherie atroce, on a bien une boucherie atroce, mais la tuerie est présentée de façon si ludique qu'on en vient à se demander si les effets spéciaux ont vraiment été confiés à des professionnels. La réponse est oui, bien entendu, mais ces professionnels ne semblent pas avoir voulu donner un air naturel aux têtes coupées, ni aux flots de sang qui jaillissent des entrailles. Comme si cela avait bien eu lieu, mais que ce ne soit pas la seule raison qui nous fasse nous intéresser à Gengis Khan.

Il faut y ajouter le charme puissant du célèbre acteur japonais Tadanobu Asano, qui incarne le héros. Comment ne pas aimer cet homme superbe au regard langoureux, qui annonce sans un mot à chaque nouvel enfant de sa femme – tous nés d'hommes différents pendant une de leurs séparations – que désormais il sera leur seul et unique père. Tout cela est tellement sympathique !

Nous voilà donc face à un vrai film grand public, de qualité, très beau et bien fait. Mais quoi que l'auteur pense de Gengis Khan, il n'aurait pas dû le dépeindre sous un jour uniquement favorable. Noircir un peu le tableau n'aurait pas fait de mal. Cela dit, la seconde partie de l'épopée est encore à venir.

* Avant de sortir en salles à Moscou, Mongol a été projeté dans de nombreux festivals en Russie. A la cinquième édition du festival international Méridiens du Pacifique, à Vladivostok, il a reçu le prix du gouverneur du Primorié [la région de Vladivostok, Extrême-Orient russe].
Ekaterina Barabach
Nezavissimaïa Gazeta
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